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Notes de lecture 2014

Note de lecture : « Le livre des ombres » (Serge Lehman)

À partir de vingt-cinq nouvelles apparemment éparses, inventer le puissant ciment narratif pour créer une mythologie cosmique à l’échelle de l’humanité, réelle, passée et présente, et imaginée, future et fractalisée. Exceptionnel tour de force, d’une rare beauté.

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le livre des ombres

Publié en 2005 dans la belle collection La Dentelle du Cygne de l’Atalante, ce gros recueil de Serge Lehman regroupe vingt-trois nouvelles déjà publiées et deux nouvelles inédites. Mais ces sept cents pages d’une rare densité ne se contentent absolument pas de simplement juxtaposer l’existant : grâce à un prologue et à un épilogue, grâce aux deux nouvelles inédites, et grâce aux nombreuses incises du conteur, narrateur, démiurge, Orson Malaverne, Serge Lehman fait de ce volume une somme mythologique, politique et cosmogonique organisée, miraculeusement cohérente, passionnante et d’une extraordinaire ambition littéraire, allant à mon humble avis bien au-delà de ce qu’avait pu réaliser Michel Demuth dans les « Galaxiales » (1976-1979), et se plaçant au panthéon juste à côté du grand Cordwainer Smith des « Seigneurs de l’Instrumentalité » (1963-1975), deux maîtres à propos desquels, sans nul hasard, les remerciements finaux de l’auteur indiquent bien que l’ensemble a été écrit « à leur ombre ».

Il est ainsi particulièrement jouissif pour le lecteur de pouvoir, à la fois, retrouver, dans un cadre foncièrement nouveau qui leur insuffle un puissant supplément de sens et d’âme, des nouvelles aussi emblématiques et fortes que « Le signe du Picte » (1995), « Le collier de Thasus » (1995), « Panique sur Darwin Alley » (1996), « Les mularis » (1996), « Nulle part à Liverion » (1996), « L’inversion de Polyphème » (1997), ou encore « La route du Grand Dehors » (1998), et bénéficier d’une saga cosmique enchâssant à loisir les niveaux de narration, et proposant in fine une lecture authentiquement fractale de l’histoire de l’humanité, réelle et imaginée, associant mythes des lointaines origines, batailles politiques cyberpunkoïdes de notre presque contemporain, percées scientifiques et conquête spatiale limitée, puis destinées galactiques, explorations mathématiques et physiques, se fondant à leur tour dans des formes orales de contes et de récits fondateurs.

Cette fractalité de l’écriture n’est pas un gadget, mais bien une donnée fondamentale du recueil, ayant demandé un brio hors normes : chacune des vingt-cinq nouvelles est issue d’une « fracte », fragment de narration à la réalité incertaine, où la part de mythe varie (permettant de rares instants de bonheur au lector in fabula qui détient, lui, certaines clés « de réel » dont est privé le protagoniste conteur, Orson Malaverne), détenue par tel ou tel des hauts-rêveurs de Grandor, qui y accèdent en transe, et dont les interprétations, pouvant éventuellement varier presque à l’infini, font à leur tout varier les possibles issus des fragments suivants, déroulant un récit toujours changeant, ou au moins changeable, si un autre conquérant du mythe qu’Orson Malaverne s’y attelait…

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Raconter le « Livre des Ombres » n’est donc guère envisageable, pas plus qu’on ne « raconterait » dans une chronique la « Bible » ou le « Mahabharata » (seul Jean-Marc Agrati, lorsqu’il est libraire invité chez Charybde, peut en donner un brillant aperçu en mimant Arjuna, par exemple) : je me contenterai d’en évoquer quelques saveurs distinctives au gré de quelques-unes des briques, nouvelles ou insertions, qui le composent.

Le volume comporte également, en plus de sa couverture très réussie, de très nombreuses illustrations de Gess (qui rencontra Serge Lehman à cette occasion, devant conduire quelques années plus tard à « La brigade chimérique »), notamment une couverture intermédiaire pour chacune des nouvelles, dont quelques-unes parsèment cette note de lecture.

Le « Prologos », au tout début du volume, donne le ton du méta-récit qui va pouvoir englober tous les autres, jusqu’aux révélations finales, dans l’ « Epilogos », qui en révèleront, seulement alors la nature probable :

« Comme tous les hommes de Grandor, j’ai passé les premières années de ma vie dans la lumière parfaite des dieux. Mon père, dès avant ma naissance, avait accompli quatre pèlerinages au Pli du Songe – non par dévotion comme on l’a dit parfois, mais pour le plaisir d’entendre à nouveau les histoires qui avaient bercé son enfance. Il en avait retiré une intimité avec le mythe qui faisait de lui un excellent conteur et, quoi qu’il fût conscient du gouffre qui séparait ses récitations des transes que seuls connaissent les hommes-mères du Pli, je sentais en l’écoutant qu’il n’avait pas renoncé à l’espoir d’être saisi par le divin au détour d’une phrase ou pendant l’élaboration d’une image.
« Regarde, Orson, disait-il le matin en m’entraînant sur la terrasse de notre hacienda. Que vois-tu dans le ciel ? »
J’étais encore un petit enfant ; je levais les yeux sans me lasser et mon regard qui, l’instant d’avant, suivait les mularis sur le dallage de la terrasse se dilatait soudain, plongeant dans l’épaisseur de la forêt où s’étageaient par places les haciendas voisines, acclimatant le vert radieux des pelouses, la transparence des bassins et la disposition des arbres en fleur avant d’embrasser le ciel d’un horizon à l’autre. La lumière de l’aube s’étalait en nappes – mais ce n’était pas ce que mon père voulait entendre.
« Cal, le premier dieu, entre dans Cerbère, disais-je alors. La guerre des Sept Minutes commence.
– Oui, répondait mon père. La guerre contre l’Avatar, contre les Hiffiss ; le monde se recrée éternellement. » Et, s’il était en forme, il racontait l’histoire entière, insistant sur le sacrifice que représentait pour Cal l’entrée dans Cerbère l’armeville qu’on ne pouvait manier sans devenir fou parce qu’elle fracturait l’espace et le temps. Son visage se transformait. Il mimait la peur de Cal et, en même temps, l’impassibilité creuse, la bouche froide et le regard éteint qui, depuis toujours, symbolisaient pour moi les Hiffiss. Il se multipliait, rejouant les combats, la folie croissante de l’homme en train de devenir un dieu. (Peut-être était-ce une façon de me faire comprendre qu’il s’agissait du même phénomène, exprimé deux fois.) Les Hiffiss perdaient ; ils n’en continuaient pas moins à déferler contre les remparts de la ville, sûrs de renaître le soir même et d’être vaincus à nouveau le lendemain matin. Quand mon père se taisait, la nappe de lumière brillante emplissait tout le ciel et je savais que sept minutes avaient passé depuis le début de l’histoire : la coïncidence somptueuse entre le fait et sa légende était sa manière à lui d’inviter les dieux à parler par sa bouche. »

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La deuxième nouvelle du volume, « Apothéose du punisseur » (publiée originellement en 1996) réussit la prouesse d’intégrer en une étonnante métaphore cosmogonique des pensées que l’on attribuerait volontiers à Antonio Negri, Slavoj Zizek ou Jacques Sapir, de proposer du décalage de point de vue résolument « autre » comme David Brin nous en réjouissait dans « Marée stellaire » ou dans « Élévation », et de nous surprendre par des signes du narrateur révélant une nature inattendue, comme Percival Everett aime à le pratiquer.

« Dix années s’écoulèrent. Tout le monde dans l’Omnium savait que Jeddah avait accepté de punir les Emmonites. De nombreux mondes situés sur les franges de la Voie s’étaient émus du verdict, mais l’agitation, intense au début, était peu à peu retombée. L’empire eut beau jeu de prétendre que le retour au calme traduisait un consensus de fond sur la question fiscale. Ce n’était nullement le cas. En vérité, le silence assourdissant des nations qui auraient dû prendre fait et cause pour Lo/ol avait été payé au prix fort. Une terreur diffuse régnait dans tout l’Omnium. Les impôts rentraient, certes, mais de puissantes forces centrifuges étaient à l’œuvre. L’équilibre des comptes ne parvenait plus à masquer le délabrement de l’unité impériale. »

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La cinquième nouvelle, « L’inversion de Polyphème » (publiée à l’origine en 1997), si elle est l’une de celles dont l’insertion dans le projet fut peut-être la plus délicate, offre tout le charme de l’aventure adolescente, du « club » d’ami(e)s décidé(e)s, et propose l’une des plus jolies lectures que je connaisse de ce qui peut distinguer, au fond, les jeunes amateurs de science-fiction des autres humains.

« Il a tiré un paquet de gauloises tout froissé de la poche de son short, l’a posé sur le numéro de Fiction et m’a donné le tout. j’ai allumé une cigarette en feuilletant la revue. C »était le numéro 271. Il venait juste de paraître : je l’avais vu en vitrine chez Vogel. Sur la couverture s’étalait un dessin assez laid représentant un guerrier nu armé d’une lance, chevauchant une créature informe (dont les organes inférieurs imitaient d’ailleurs un sexe féminin – mais ça, je ne l’ai compris que bien plus tard). Depuis quelques mois, Paul s’était mis en tête de faire mon éducation littéraire. J’ignorais comment l’idée lui était venue. Un jour, il m’avait pris à part et s’était lancé dans un long discours duquel il ressortait que, si je voulais être écrivain, je ne pouvais pas me contenter de lire des BD de superhéros et des bouquins de Maurice Limat. Je l’avais regardé, médusé – sans oser lui dire que ma prof de français, à qui j’avais fait l’erreur de montrer un de mes cahiers-romans, m’avait fait la même remarque. « Et qu’est-ce que tu veux que je lise ? Balzac et toutes ces conneries ?
– Mais non. » Paul avait haussé les épaules. « Simplement des trucs un peu plus… »
Il n’avait jamais trouvé le mot juste (après tout, c’était censé être ma spécialité, pas la sienne). Mais le lendemain, après la classe, il m’avait emmené dans un coin de la cour du collège et m’avait refilé un sac plein de romans de Kurt Vonnegut, J.G. Ballard, Stanislas Lem et Michel Jeury, plus une dizaine de numéros de Fiction. Après ça, évidemment, les aventures du chevalier Coqdor (que j’avais malgré tout continué à lire avec le sentiment délicieux d’être entré dans la clandestinité) n’avaient plus tout à fait la même saveur. »

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La huitième nouvelle, « Nulle part à Liverion » (parue originellement en 1996), est sans doute, comme je l’ai dit dans ma note de lecture consacrée à la trilogie « F.A.U.S.T. », la nouvelle par laquelle Serge Lehman me conquit tout d’abord en tant que lecteur. Cette nouvelle réussit un rare et détonant mélange de réflexion politique, de fiction borgésienne (« Tlön, Uqbar, Orbis Tertius » est toute proche) vitaminée à la technologie d’imagerie satellitaire, de mélancolie post-faustienne sur les pactes conclus, sinon avec le diable, en tout cas avec ceux pour qui l’intérêt privé et le profit doivent l’emporter sur le bien public (réputé bien entendu en être une conséquence), d’aventure presque bucolique convoquant Thoreau pour – peut-être – lui remonter les bretelles, et de choc cyberpunk guettant à chaque coin de rue, qu’elle soit virtuelle ou partie de Darwin Alley, l’avenue physique et métaphorique alignant les riches consommateurs autour de la Terre.

« Il faut apprendre à voir – à voir loin. Nous allons vivre la fin de ce monde. Nous la vivons déjà. Tout ce qui pouvait être tiré de l’État-Nation l’a été, et ça n’a pas marché si bien que ça. Les trois quarts de la population de cette foutue planète crèvent de faim parce que l’État-Nation ne sait pas s’occuper d’économie mais qu’il refuse toujours de l’admettre. Combien de temps crois-tu que les Puissances vont accepter d’assumer les responsabilités des nations sans en avoir les droits ? Éduquer les enfants sans pouvoir décider des programmes. Construire des vaisseaux spatiaux sans avoir la maîtrise des destinations. Faire régner l’ordre là où la police ne met plus les pieds sans pouvoir dire le Droit… Tout ça, c’est fini. Dans dix ans – ou dans trente, peu importe -, les Puissances auront transformé les nations en coquilles vides, qui n’auront plus aucun sens et s’effondreront d’elles-mêmes dès qu’on s’en apercevra.
« C’est à ça que va servir l’Instance. Au début, il ne s’agira que d’un groupe de contrôle composé de représentants des firmes les plus importantes. Il siégera en parallèle à l’ONU et définira les grandes lignes de ce que devrait être une économie mondiale optimisée. Les choses se feront en douceur, comme toujours… On parlera d’abord de super-ministère de l’Économie. De pacte pour le développement, que sais-je ? Mais, en fin de compte, c’est bien l’Instance qui finira par être considérée comme le véritable gouvernement mondial.
– Maria… » Paul secoua la tête avec désespoir. Sur ce terrain, il n’avait pas la moindre chance. « En quoi est-ce que ça me concerne, moi ? Je suis historien, pas prospectiviste.
– Ça te concerne – plus que moi, peut-être. Tes recherches pour la fondation…
– Je ne travaille pas pour la fondation ! Mes résultats m’appartiennent, c’est une des clauses du contrat. Tu le sais aussi bien que moi. »
Marianna eut une moue écœurée. « Je ne peux pas croire que tu sois aussi naïf. »

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La onzième nouvelle, « Le signe du Picte », parue originellement en 1995, en même temps qu’elle ouvre sur une » légende » centrale de l’ensemble du « Livre des ombres », permet, par l’un de ces paradoxes temporels que maîtrise Serge Lehman, de contribuer largement à résoudre l’inachèvement de la trilogie « F.A.U.S.T. » et à rendre supportable au lecteur, in fine, le fait que son tome 4 n’ait pas été écrit ou publié.

« En face, l’autre camp (les hommes en gris de l’Instance, vautrés sur la Vieille Terre comme sur un trône païen, mais les mains toujours rivées au rouleau compresseur de l’économie – bref : l’ennemi) faisait tout ce qu’il pouvait pour mettre fin à cette idylle qui menaçait dangereusement ses propres plans. Il ne pouvait en effet être question d’accepter un seul instant que les colonies humaines du système solaire fassent alliance avec des xénomorphes contre l’antique planète mère. C’était donc déjà presque la guerre, et Carlo Mornay le Dispatcheur avait besoin d’autant d’hommes qu’il pourrait en trouver. Il fit de Fall l’un de ses experts dans le domaine de la culture alète et l’envoya en surface. »

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Mentionnons au passage la douzième nouvelle, « Le collier de Thasus », publiée en 1995, parce que c’est sans doute celle où Serge Lehman exprime précocement sa parenté secrète avec Kim Stanley Robinson dans la manière d’utiliser l’observation scientifique (dans l’appréciation politique de l’histoire de l’humanité également, mais cela, c’est une autre hsitoire), et parce qu’elle est parue dans Ciel & Espace (où l’auteur a tenu un certain temps une belle rubrique), ce qui ne saurait en réalité être un hasard, et allons directement à la quinzième, « Le jeu du Dispatcheur », qui, tout en référençant soigneusement des dizaines de nouvelles d’affrontement en huis clos issues du patrimoine de la science-fiction, manie avec un brio particulier cette complexe ironie ludique dont les deux maîtres sont certainement Robert Sheckley et Iain M. Banks.

La seizième nouvelle, « Le vide, le silence et l’obscur », publiée en 1996, est aussi une clé de l’ensemble, puisque c’est elle qui présente le plus en détail l’emblématique ennemi de l’humanité, en tant qu’ennemi extérieur, identifié sans être compris, après bien des difficultés, alors qu’il n’apparaissait jusque là que sous sa redoutable forme métaphorique d’ennemi insidieusement à l’oeuvre grâce à l’avidité capitaliste dont le résultat, après la « défaite » pressentie dans la fin non révélée à l’époque de la trilogie « F.A.U.S.T. », sera bien, notamment, la ré-émergence officielle du terrible Picte. C’est également l’occasion d’un magnifique clin d’oeil aux énigmes logiques et paradoxes mathématiques qui hantent la science-fiction du dit « âge d’or », qui firent les beaux jours d’Asimov et de ses robots, pour ne citer qu’eux, résolues ici d’une manière au fond toute alexandrine face à un noeud gordien, d’ailleurs plusieurs fois mentionné, utilisant des scènes jouissivement mises en correspondance avec les meilleurs extraits du « Blade Runner » de Ridley Scott,  et de hisser certains des personnages récurrents de leur statut de « simple » humain à leur avenir de mythe incarné.

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« Soulagée, Ise se laissa aller contre le dossier du fauteuil et se mit à réfléchir. Il y avait dans cette situation un enjeu primordial – presque philosophique. Discerner le vrai du faux. S’attaquer à la nature même du réel, le dépouiller de tous ses attributs non essentiels pour mettre à jour ce qui seul comptait : la fine limite séparant l’humain du non humain. »

La dix-septième nouvelle, « La route du Grand Dehors », publiée en 1998, est sans doute à la fois une des plus belles nouvelles d’exploration spatiale profonde jamais écrites, et l’une de celles où la métaphore maritime, proprement conradienne, est la plus joliment et la plus subtilement utilisée.

La vingt-et-unième, qui donne son titre à l’ensemble de l’ouvrage, était parue comme plusieurs autres dans l’assemblage « La sidération » en 1996. Elle est probablement, de tout le recueil, celle qui constitue le plus directement un hommage au maître Jack Vance, tant pour ses évocations anciennes et somptueuses de « forums galactiques » servant d’étapes dans des courses-poursuites interstellaires qui parachevaient dans les années 50 les efforts souvent un peu patauds de ses prédécesseurs des années 30 ou 40, que dans l’évocation ironique de personnages que l’on pourrait un instant, dans leurs ruses et leurs circonlocutions, croire sortis de l’un ou l’autre des romans de la Terre Mourante. Et pour citer, non pas la nouvelle elle-même, mais l’incise ajoutée à son propos :

« Et c’est ainsi (j’ose parodier Malaverne) que le Square, dont Celui-que-nous-nommons-l’Espion fut le premier agent actif, qui trouva en Faust son héros légendaire et son fossoyeur, et qui inspira les utopistes de l’Assemblage avant de renaître une dernière fois sous la houlette de Cal Belfast et Hammad Aden, oui, c’est ainsi que le Square vint à bout de la seule institution capable de rivaliser avec lui à l’échelle des temps divins. »

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La vingt-troisième, à deux étapes de la fin et de l’ « Epilogos », « L’hypothèse de Russo », au-delà de son séduisant mélange de spéculation scientifique en action et d’aventure « space opera militaire » débridée, tombe à point nommé pour, avant d’entrer dans la phase finale de l’ensemble et la cristallisation de la mythologie fractale peu à peu mise à jour sous les efforts du conteur, enquêteur, ethnologue et mythographe Orson Malaverne, s’arrêter un instant sur l’autre avidité qui, tout au long de l’histoire de l’humanité, partage avec l’argent et le pouvoir, son rôle ambigu de moteur menant à la catastrophe si rien ne la réfrène, à savoir la gloire, dont la quête par le froid et cynique scientifique Russo donne matière à une dernière intervention du Square.

*****

Je ne peux citer l’ « Epilogos » : Serge Lehman, ayant navigué avec brio dans ces vingt-cinq nouvelles, écrites « dans le désordre » sur plusieurs années, a orchestré une construction comprenant très peu de failles, et dont il parvient à couler le ciment final dans ces deux pages de conclusion, avec quelques discrètes et pourtant essentielles « révélations », nous offrant ainsi l’une des très grandes oeuvres de la science-fiction et donc de la littérature, capable de rivaliser joyeusement avec les plus grandes, et qui mérite infiniment d’être encore beaucoup plus connue et appréciée.

Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.

À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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