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Notes de lecture 2011

Note de lecture : « Le livre sacré du loup-garou » (Viktor Pelevine)

Un très bon Pelevine, inventif en diable mais un peu gâché par sa fin mystique tournant à vide.

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le livre sacré

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Poursuivant l’exploration de la remarquable collection « & d’Ailleurs » de Denoël, avec ce roman de 2004 (traduit en français en 2009 par Galia Ackerman et Pierre Lorrain) de l’auteur acclamé d’ « Omon-Ra » et de « La mitrailleuse d’argile », on découvre soit une imposture (présentée classiquement comme telle dans l’introduction) soit les mémoires d’une « renarde », forme féminine spécifique de loup-garou « relativement » non-violente, et suprêmement adaptable.

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Le cadre de la Russie post-soviétique permet à Pelevine de jongler comme à l’habitude, avec brio, avec une impressionnante nomenclature de pop culture (toujours soigneusement reliée, même lorsque c’est fait avec discrétion, à la culture russe « classique ») et de réflexions saignantes sur cette société ayant présenté pendant dix ans, peut-être mieux qu’ailleurs, ce que génère vraiment le libéralisme « débridé »…

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« – Très bien. Alors je vais vous dire aussi quelque chose que je n’ai jamais dit à un homme. Vous ressemblez au capitaine Nemo.
– De « Vingt mille lieues sous les mers » ?
Tiens ! pensai-je. Quel gestionnaire cultivé !
– Non, du film américain « La ligue des gentlemen extraordinaires ». L’un des gentlemen extraordinaires vous ressemble. Un sous-marinier karatéka barbu en turban bleu.
– C’est un film tiré de Jules Verne ?
On m’apporta mon cocktail. Il était bien petit : un rien de six centilitres.
– Non, on a rassemblé tous les supermen du XIXe siècle : le capitaine Nemo, l’Homme Invisible, Dorian Gray, etc.
– Ah bon ? C’est original.
– Il n’y a rien d’original là-dedans. Une économie fondée sur la médiatisation engendre une culture qui préfère revendre des images créées par d’autres cultures plutôt que d’en créer de nouvelles. »

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Hilarant, habile, rapide, « Le livre sacré du loup-garou » aurait pu être un excellent Pelevine, mais il n’est que bon, gâché malheureusement par ses cinquante dernières pages, dans lesquelles un salmigondis mystique épuisant ne parvient pas à faire même simplement sourire, un peu à la manière affligeante des pires moments de charabia m’as-tu-vu mal digéré du « Villa Vortex » de Dantec, ou du final pareillement boursouflé qui enterre définitivement le poussif « La théorie de l’information » d’Aurélien Bellanger (cette dernière remarque étant bien entendu ajoutée en 2014, après la parution en 2012 de ce roman encensé de manière incompréhensible par une certaine critique).

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L’excellent texte de François Monti dans le Fric Frac Club est ici.

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Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.

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À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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