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Notes de lecture 2011

Note de lecture : « Marge occupée » (Jean-Charles Lévy)

Jubilation intellectuelle dans un Paris occupé de 1942 où les personnages de fiction doivent prendre parti.

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Marge occupée

Publié en 2010 aux jeunes éditions Les Doigts Dans La Prose, ce roman associe brillamment longue jubilation et réflexion artistique et politique en filigrane continu.

Dans le Paris occupé de 1942, personnages littéraires et figures intellectuelles, authentiques ou « légèrement » retouchées, se retrouvent, par un concours de circonstances, sommées de prendre parti, de résister, de collaborer, ou de tracer leur propre chemin incertain dans ces temps troublés… Un savant jeu d’incises, de notes de bas de page, d’interventions de l’auteur parsème les discours et les actions d’étonnants Sartre, Beauvoir, Jünger, Céline, Paulhan, Freud, Julien Sorel, la princesse de Clèves, Félix de Vandenesse, Cosette, Robinson Crusoë, Gavroche, Mathilde de la Mole, ou encore Grégoire Samsa.

Sur un rythme échevelé qui rappelle par moments le Vaquette du « Je gagne toujours à la fin », un salutaire exercice de correspondance entre le présent et ces années noires, par créations et littérateurs interposés.

« Beaucoup plus tard, sous une pluie battante.
L’allusion à Bergson n’a rien d’une évidence, s’inquiétait l’écrivain embêté par ses collègues mieux informés, surtout moins dédaigneux des effets de manche du réel, qui vous déroulent à la bobine une trame romanesque sur les perplexités des couples ou de l’enfance, le monde contemporain, sa réalité, ses tendances, les relations père fils, les premiers attouchements du papi rescapé (Sigmaringen, Allemagne (21)), les confidences Rue d’Ulm le soir dans la chambrée avant la reconquête de soi dans un roman fébrile, drôle, tendre – qui fera date sous le pilon.
(21) Résidence d’artistes. »

« À quelque temps de là, dans un égout de la capitale.
– J’ai beaucoup dérivé, répétait Robinson. Heureusement pour moi, j’ai ma caisse à outils, je ne suis pas perdu, je m’adapte aux conditions sine qua non de la vie et je fais mon affaire des affaires d’ici-bas, je m’y entends, je sais de quoi je parle, tant pis pour Vendredi. Mais la question est là. Qui exploiter dans cet égout et quoi produire ? Sur quelle action faire fructifier mon capital, mon potentiel cérébral, mon goût pour le profit ?
Tour d’horizon rapide.
Robinson met les rats au travail, leur promettant le repos ouvrier (pornographie, supermarchés, des matchs de foot à la télé), cinq semaines de congés payés assortis d’une multitude de cartes de fidélité pour consommer en toute simplicité dans les Malls de la capitale. »

Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.

À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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