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Notes de lecture 2011

Note de lecture : « Windswept Dawn » (William Heinesen)

Peut-être l’œuvre maîtresse du grand écrivain féringien, celle dont les îles Féroé elles-mêmes sont le véritable héros.

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NOTE DE LECTURE ORIGINALE RÉDIGÉE EN ANGLAIS, À PARTIR DE LA TRADUCTION ANGLAISE DE W. GLYN JONES (SEE AT THE BOTTOM OF THIS PAGE).

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Premier roman de William Heinesen, jusqu’alors poète et nouvelliste, publié en 1934, « Windswept Dawn » (traduit sous ce titre en 2009 par W. Glyn Jones chez Dedalus Books) reste l’une des œuvres majeures du grand écrivain féringien (e.g. des îles Féroé).

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Les îles de la façade européenne de l’Atlantique Nord sont certainement un poste d’observation très privilégié de l’affrontement entre l’Homme et la Nature, et peut-être en conséquence, la religion – ou au moins une forme de mysticisme – tient une place essentielle dans la littérature, en prose ou en vers, qui en est issue : en témoignent ainsi Henri Queffélec pour les îles bretonnes (en particulier Sein et Ouessant), Jean-Pierre Abraham pour une île se réduisant au phare isolé d’Ar Men, George Mackay Brown pour les Orcades, dans une moindre mesure Sam Llewellyn pour les Scilly, et peut-être aussi, d’une certaine façon, W.S. Graham, pour la Cornouaille britannique et les Scilly, voire – mais oui ! – Peter May pour les Hébrides.

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C’est grâce à mon ami féringien, l’exceptionnel artiste Budam, que j’ai découvert William Heinesen. Œuvrant depuis son minuscule archipel (situé à peu près à mi-chemin entre les Orcades et l’Islande), il fut sans doute le plus talentueux romancier (bien qu’également nouvelliste, poète et peintre) de cette tradition. Dans « Windswept Dawn », il propose une extraordinaire galerie de portraits, d’êtres humains extrêmement différents, toujours avec un humour noir et plutôt rentré qui rappelle parfois celui de Iain Banks. Luttes pour la survie ou la prospérité économique, histoires d’amour, doutes religieux, périls de la mer et de la pêche hauturière hantent chaque instant des ces 500 pages. Des personnages comme l’avoué Morberg, le pauvre handicapé Vitus, l’armateur généreux Sylverius, l’impatient capitaine Gotfred le Jeune, l’épicier hésitant Landrus, le prêtre fou Martens ou le prêcheur Reinhold Vaag sont dignes de n’importe quel panthéon littéraire, permettant aisément de comprendre pourquoi Heinesen est souvent compté parmi les plus grands écrivains scandinaves.

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Une découverte littéraire qui me rend impatient d’aborder ses autres romans, notamment ceux auxquels on prête une saveur de fantastique, comme « Le chaudron noir » et « Les musiciens perdus ».


Probably the masterpiece of the great Feroean writer.

Nowhere like along the shores of tiny islands in the European North Atlantic do writers seize the power of Man confronted to Nature. As an apparent consequence, rarely as well is Religion so present. Henri Queffelec for the Brittany Islands (notably Ushant and Sein), George Mackay Brown for the Orkney Islands, and to a far lesser extent, Sam Llewellyn for the Islands of Scilly are impressive illustrations of this literary fact.

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Thanks to our artist friend Budam, I came across William Heinesen. Writing from the small Feroë archipelago (roughly halfway between Iceland and the Orkney Islands), he was maybe the most talented novelist (though he was a short storyist, a poet and a painter as well) inside this tradition. In this very first novel, « Windswept Dawn », written in 1934, his portrait gallery encompasses all kinds of human beings, often with a dark (if largely tongue-in-cheek) sense of humor.

Economic struggles, love stories, religious doubts, perils of the sea densely pack these 500 pages. Characters like Morberg the solicitor, Vitus the poor half-wretch, Sylverius the successful and generous shipowner, Young Gotfred the impatient would-be skipper, Landrus the undecided grocer, Martens the mad minister, or Reinhold Vaag the preacher are definitely worth any literary pantheon. No wonder then that Heinesen has often been acknowledged as one of the greatest Scandinavian writers.

A literary discovery which makes me impatient to read his other novels, notably when some fantastic touch is said to be developed, like in « The Black Cauldron » or « The Lost Musicians ».

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À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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