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Notes de lecture 2012

Note de lecture : « Luz ou le temps sauvage » (Elsa Osorio)

Le grand roman, brillant, du rapt d’enfants sous la dictature militaire argentine.

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Publié en 1998 (en 2002 en français, chez Métailié dans une traduction de François Gaudry), le sixième roman d’Elsa Osorio fut celui de la consécration internationale pour cette auteure exigeante, qui poursuit sans relâche les failles de l’histoire argentine contemporaine, en y glissant une manière romanesque toute personnelle.

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« Luz ou le temps sauvage » remonte, par le menu, toute la chaîne d’un exemple, parmi les centaines connues, d’enlèvement d’un bébé de « subversifs », à sa naissance, dans un centre clandestin de détention et de torture de la dictature militaire argentine, pour être remis en douce à une famille en mal d’enfant, proche des militaires et du pouvoir, tandis que ses parents deviennent des « disparus » parmi les milliers de victimes non identifiées de la répression paranoïaque de l’époque…

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Sur cette atrocité historique datant d’à peine 30 ans, Elsa Osorio bâtit un roman bénéficiant d’une impeccable technicité narrative. La quête de son identité, par l’héroïne jeune adulte, nourrie des confidences recueillies auprès de certains protagonistes du passé, dans un ordre parfois joliment chaotique, mais « ré-ordonné » par le récit et les interventions « critiques » de son interlocuteur final, force l’admiration en même temps que l’émotion, malgré un ton volontairement largement « retenu ». La capacité à faire partager au lecteur, de manière crédible, une multiplicité de points de vue, parfois lourdement antagonistes, impressionne.

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Un grand roman, indéniablement.

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« Eduardo parvenait toujours à la désarmer par des gestes tendres et elle renonçait à lui dire tout ce qu’elle pensait. Mais cette fois elle ne se laisserait pas faire et dès qu’Eduardo reviendrait de Buenos Aires elle éclaircirait cette affaire avec lui. Si elle avait répondu ainsi à Carola, alors qu’ils étaient chez le frère d’Eduardo, c’était parce qu’elle le méritait. Et elle recommencerait avec quiconque prendrait, devant elle, la défense des subversifs. Eduardo, lui, admettait que les autres puissent penser et sentir comme bon leur semblait, sans jamais chercher à combattre leur erreur ; elle, non. Cette désinvolture la mettait hors d’elle. (…) Eduardo était un naïf, il ne se rendait pas compte de la situation du pays, ce qui expliquait que des gens comme Carola lui inspiraient de la compassion, alors qu’il aurait dû se demander pourquoi elle défendait des subversifs avec tant de virulence. C’était peut-être une communiste camouflée, Carola. »

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À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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