☀︎
Notes de lecture 2011

Note de lecture : « L’île de Sakhaline » (Anton Tchékhov)

Une incroyable enquête, entre l’anthropologie et le journalisme d’investigation, menée par Anton Tchékhov en 1890.

x

sakhaline

Sans doute la découverte la plus intéressante issue du (terriblement) décevant « 1Q84 » de Murakami Haruki, ce récit d’Anton Tchékhov fut écrit en 1890 pour être publié en 1893.

La quatrième de couverture est très claire et mérite donc d’être citée : « Quand Tchékhov part pour l’île de Sakhaline en avril 1890, personne ne comprend ses raisons. Lui-même, incapable d’en donner, se contente de parler de « mania sachalinosa ». Il s’agit là de l’épisode le plus étrange de sa vie. Décidé à mener une enquête sur ce lieu maudit voué au bagne et à la déportation, il se met en route dans des conditions folles. Il n’a aucun papier officiel, ni ordre de mission, ni même une lettre de recommandation

Après deux mois et demi d’un voyage exténuant, il risque de se voir prier de retourner d’où il est venu. Il affronte le froid, la pluie, les inondations, puis la chaleur, la poussière, les incendies de forêts. Voici enfin l’île de Sakhaline, au large de la Sibérie : « Tout autour la mer, au milieu l’enfer ». »

Ce livre étonnant pourrait se limiter à cela, et constituer un scrupuleux témoignage sur une colonie de déportation particulièrement redoutée, une plongée dans le système pénitentiaire, dans les méthodes de colonisation et de peuplement impérialiste, en Asie, du système tsariste. Il pourrait aussi constituer, partiellement en creux, un saisissant aperçu de l’attitude d’un humaniste positiviste, doté d’une solide formation de médecin praticien, grand admirateur de l’engagement d’un Zola, confronté à la misère, la corruption, la stupidité insondable et la mort…

ostrov

x

Par la magie de son écriture, même documentaire, Tchékhov fait beaucoup plus, et si plusieurs dizaines de pages dégagent la poésie d’un rapport de la Cour des comptes, la plupart, fruit de centaines d’entretiens individuels avec des forçats, des concubines libres ou assignées, des paysans déportés et des colons ordinaires, deviennent autant de scènes vivantes, brutales, émouvantes ou simplement caustiques, dignes des meilleurs exemples de littérature du grand Tchékhov

x

Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.

x

lc2-381-

À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

Discussion

Pas encore de commentaire.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :