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Notes de lecture 2012

Note de lecture : « Les démons de Paris » (Jean-Philippe Depotte)

Paris, 1910 : historique et fantastique à souhait, une construction en techno-thriller joliment menée.

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démons de paris

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Publié début 2010, le premier roman de Jean-Philippe Depotte réussit un joli pari narratif, en mixant l’atmosphère politique électrique du Paris de 1910, alors que les nuages s’amoncellent, et que l’alliance franco-russe est plus vitale que jamais, à un réjouissant contexte fantastico-scientifique dans lequel un futur prêtre détient l’étrange pouvoir de parler aux morts (récents) tandis qu’une société de savants occultistes connaît une technique très particulière permettant d’accueillir un Démon sur notre terre…

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Une intrigue joliment menée, construite comme un véritable techno-thriller, mêle donc personnages-clé créés pour l’occasion et figures historiques ou fantastiques, parmi lesquelles se distinguent le tsar Nicolas II, Lénine, l’ingénieur général Bienvenuë, le préfet de police Lépine, mais aussi les démons Bélial et Baphomet, ou l’ange Gabriel…

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« Dis-moi, mon oncle, savais-tu qu’à deux pas d’ici, sur les quais de la Seine, on entasse des journaliers dans des baraques insalubres ? Je les ai visités l’autre jour, avec Vladimir. Tu aurais dû voir ça ! Ils dorment dans des casiers de bois posés par terre, séparés du voisin par une simple planche, les plus chanceux près du poêle. Avant, je les avis vus manger un ragoût puant dans des gamelles noires de crasse, sans parler, abrutis par une journée passée à la pioche. Quand ils m’ont aperçue, certains se sont excités comme des chiens que l’on a privés de femelle, les autres n’ont même pas bougé de leur grabat, hébétés qu’ils étaient par la piquette empoisonnée dont les abreuve à l’œil leur patron bien intentionné ; un jus de mort, un distillat délétère qui les empêche de rêver à une vie meilleure.
– Pourquoi me dis-tu cela, Lucrèce ?
– Les beaux messieurs ne sont pas ces gens pressés que l’on croise dans les rues de Neuilly, ces gens qui possèdent et qui décident, ces hommes tellement petits et tellement ternes qu’il leur faut un haut-de-forme de satin pour paraître grands et brillants, ces hommes qui ne respirent qu’à travers un cigare parce que même notre air leur semble trop pauvre. Non, les beaux messieurs, ce sont ces misérables que j’ai vu couchés dans la crasse. Parce que ces hommes-là, demain, se réveilleront avec un marteau, une pelle, une faucille à la main pour creuser nos tunnels, bâtir nos maisons, faucher nos champs. Ce sont eux qui nous enrichissent, qui nous donnent sans rechigner et sans compter ce qu’ils ont de plus précieux : le Travail ! »

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Le seul bémol sans doute, qui m’avait aussi gêné dans son troisième roman (« Le crâne parfait de Lucien Bel ») est cette curieuse relative absence d’empathie avec les personnages, souvent renvoyés (quoiqu’avec une certaine brillance) à leur caricature, et tout particulièrement ceux d’extraction populaire ou leurs amis idéalistes…

Ce qu’en disait l’ami Ubik dans feu le Cafard Cosmique est ici.

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À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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