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Notes de lecture 2010

Note de lecture : « On n’a pas toujours du caviar » (Johannes Mario Simmel)

Énorme et foisonnant roman d’un gentleman espion, entre 1940 et 1960 : la cuisine comme un sport de combat.

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on n'a pas toujours du caviar

Ce roman de 1960, son huitième, est sans doute l’œuvre la plus connue de Johannes Mario Simmel, auteur autrichien bien singulier, ayant perdu ses parents dans les camps de concentration nazis, tout en étant lui-même forcé au travail sur les V1 et V2, en tant qu’ingénieur chimiste talentueux, avant de devenir traducteur pour l’armée américaine, et, enfin, journaliste et écrivain.

« On n’a pas toujours du caviar » fait partie de ces grands romans foisonnants qui ne se racontent pas « vraiment ».

Disons seulement que son héros, Thomas Lieven, en effet qualifié à l’époque d’ « hybride entre James Bond et Arsène Lupin », parcourt la scène de la seconde guerre mondiale et des débuts de la guerre froide, entre 1939 et 1957, fréquentant tous les services secrets, résolvant des mystères et en créant lui-même, dans un tourbillon d’ironie distanciée, de précision narrative, et de brutales irruptions d’un sympathique « nonsense ».

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Le tout parsemé d’articles de journaux, réels ou inventés, de notices explicatives et… de (nombreuses) recettes de cuisine ! Car le héros, anticipant ainsi de plus de 20 ans Carvalho le Barcelonais de Montalban et Montalbano le Sicilien de Camilleri, est lui-même un immense amateur de bonne chère, et un cuisinier émérite qui n’hésite pas à utiliser l’art de la table comme un sport de combat.

« Nous autres, Allemands, ma chère Kitty, sommes capables de faire un miracle économique, mais non pas la salade, dit Thomas Lieven à la fille aux cheveux bruns et aux formes agréables.
– Oui, monsieur », fit Kitty.
Elle parlait d’une voix un peu essoufflée, car elle était terriblement éprise de son séduisant patron. Et c’est avec des yeux enamourés qu’elle regardait Thomas Lieven à côté d’elle dans la cuisine.
Par-dessus son smoking – bleu nuit, à revers étroits – Thomas Lieven portait un tablier de cuisine. Il tenait une serviette à la main. La serviette contenait les feuilles tendres de deux superbes laitues. »

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Notons pour la petite histoire que le film franco-allemand de 1961, plutôt réussi, avec O.W. Fischer dans le rôle principal, fut réalisé par Géza von Radványi, assisté de Pierre Léaud (oui, le papa de notre cher Jean-Pierre Léaud).

Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.

simmel

À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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