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Notes de lecture 2013

Note de lecture : « Les dialogues obscurs » (W.S. Graham)

Une belle découverte de la puissante et décapante poésie de W.S. Graham.

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les dialogues obscurs

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Publié en septembre 2013, ce recueil de poèmes choisis est la première traduction de W.S. Graham en français, à l’initiative de l’éditeur bilingue Black Herald Press, et grâce aux deux traductrices Anne-Sylvie Homassel et Blandine Longre.

Une occasion rare de découvrir, dans une édition impeccable et totalement bilingue (même les préface, postface et chronologie sont présentées dans les deux langues), ce poète écossais mort en 1986, longtemps assimilé peu ou prou aux néo-romantiques (Dylan Thomas), qu’il fréquente beaucoup en effet dans l’immédiat après-guerre, avant d’émigrer vers la Cornouaille, y alternant les longs séjours avec de brèves incursions londoniennes jusqu’à son décès, étant devenu entre temps, en quelque sorte, le « protégé » éditorial de T.S. Eliot.

Même pour des lecteurs faiblement amateurs de poésie, l’écriture de W.S. Graham captive : nourrie d’air marin (dès l’Écosse, et plus encore une fois installé en Cornouaille – les Scilly sont toutes proches -, où l’auteur servira même longuement à bord d’un bateau de pêche), mais sans exclusive, elle s’attaque résolument au langage dans ce qu’il a de plus dur, de plus absolu et de plus mystérieux, et les mots y résonnent longuement et fortement.

Une très belle découverte.

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cage-without-grievance

« Je fus ce que le feu d’ajoncs ronge dans les villes
Tribun de collines en danses de village
Dans des tentes sous les ponts qui enjambaient les foules
Des bohémiens jouaient des verres aux lèvres ; ils virent mes yeux. »
(Cage sans grief)

« Souviens-toi je suis ici Ô non pas
Ailleurs sous ce masque hâtif, cette pensée
Même qui un instant est tienne. Assis
Derrière ce grillage d’acier trempé.
Je crois que je t’entends m’entendre
Je crois que je te vois me voir.
Il me semble que je ne suis
Qu’à quelques pas. Excuse-
Moi, t’ai-je parlé déjà ?
Il me semble reconnaître en ton visage
Un autre que je fus, cette curieuse
Tête d’ombre de l’autre côté
De la grille dans le PARLOIR. »
(Fragments que j’envoie)

On trouvera ici les mots qu’Harold Pinter lui consacrait lors de l’exposition dédiée en 1994. Et il faut lire ce qu’en dit Romain Verger sur l’Anagnoste.

Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici.

graham

À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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