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Notes de lecture 2014, Nouveautés

Note de lecture : « La danse de la mouette » – Montalbano 19 (Andrea Camilleri)

Une dix-neuvième enquête orientée sur de violents trafics portuaires, où la sombre poésie de la mort d’une mouette joue un rôle pourtant essentiel.

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la danse de la mouette

Publiée en 2009, traduite en français début 2014 par Serge Quadruppani au Fleuve Noir, la dix-neuvième enquête de Salvo Montalbano confirme si besoin était que de toute l’équipe du commissariat, c’est bien Fazio qui ressemble le plus, professionnellement en tout cas, au bourru héros de Camilleri. Trafics sur le port, entrepreneurs peu clairs, machinations brutales, femmes potentiellement fatales,… : tout un dangereux microcosme reprend vie, comme presque à chaque fois, alors que Montalbano est préoccupé de pensées parfois bien étonnantes.

« Puis il s’absorba dans la contemplation du vol d’une mouette.
Désormais, on en voyait peu, des mouettes ; va savoir pourquoi elles avaient déménagé à l’intérieur du village. Mais même à Montelusa, à dix kilomètres de la côte, il y en avait des centaines, c’était comme si ces oiseaux s’étaient fatigués de la mer et se tenaient loin des vagues. Pourquoi avaient-ils dégringolé au point de chercher leur nourriture dans les ordures des villes au lieu d’aller se pêcher du poisson frais ? Parce qu’ils s’étaient dégradés au point de devoir disputer aux rats une tête de poisson pourrie ? Avaient-ils vraiment voulu sombrer comme ça ou bien quelque chose avait changé dans l’ordre de la nature ? »

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« En se garant devant l’Institut, il vit le Dr Pasquano qui se tenait à côté de la grande porte et fumait une cigarette.
– Bonjour, docteur.
– C’est vous qui le dites.
Toujours cordial, le Dr Pasquano ! Mais il devait être à moitié furieux, s’il ne l’avait pas encore insulté.
– Je ne savais pas que vous aviez ce vice, dit le commissaire.
Comme ça, histoire de parler.
– À quel vice faites-vous allusion ?
– À celui de fumer.
– Celui-là, je ne l’ai pas.
– Mais vous êtes en train de fumer !
– Montalbà, vous raisonnez comme le flic que vous êtes.
– Et comment je raisonne ?
– Vous chopez un homme dans un acte unique et en fait, cet homme n’est pas toujours tout entier dans cet acte…
– Docteur, qu’est-ce que vous faites ? Vous me citez Pirandello de travers ? Vous savez quoi ?
– Je vous écoute.
– J’en ai strictement rien à cirer de savoir si vous avez le vice ou pas.
– Comme ça, vous me plaisez. Même si vous êtes venu me casser les burnes et me gâter le plaisir de l’unique cigarette que je me fume par jour.
– Même une seule cigarette, c’est du vice, d’après les Américains.
– Allez vous faire mettre, vous et les Américains.
– Ne vous faites entendre de personne d’autre, sinon le président Bush vous fait tout de suite bombarder. Qu’est-ce que vous avez de neuf ? »

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À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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