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Notes de lecture 2012

Note de lecture : « La première enquête de Montalbano » – Montalbano 12 (Andrea Camilleri)

Entre deux enquêtes encore plus étonnantes que d’habitude, le souvenir de l’arrivée de Montalbano à Vigata.

la premiere enquête

Publiée en 2004, traduite en français en 2007, toujours chaleureusement et impeccablement, par Serge Quadruppani, la douzième enquête de Salvo Montalbano est en réalité un recueil de trois nouvelles, deux d’entre elles « contemporaines » et prenant place en effet entre l’enquête n°11 (« La patience de l’araignée ») et l’enquête n°13 (« La lune de papier »), celle du milieu, création originale, racontant comme le titre l’indique, en flashback, l’arrivée de Salvo, tout jeune policier, à Vigata.

La première, « Sept lundis », est sans doute l’une des plus étonnantes aventures de la saga, puisque l’on y assassine un poisson, un chien, une chèvre,… et qu’un mystérieux expéditeur anonyme passe son temps à « se contracter ».

« Mimí Augello mit dans le mille et se trompa. Il mit dans le mille quant aux dimensions de la, appelons-la comme ça, nouvelle victime ; il se trompa en revanche car il ne s’agissait pas d’un mouton. Le matin du lundi 13 octobre, Fazio se pointa au commissariat avec la nouvelle qui, par ailleurs, n’était pas une nouvelle, qu’on avait tué une chèvre. Le coup de pistolet habituel dans la tête, la douille habituelle, le billet habituel. JE CONTINUE À ME CONTRACTER. »

La deuxième, « La première enquête de Montalbano », donc, nous éclaire sur beaucoup de zones d’ombre de la personnalité du commissaire, mais nous révèle avant tout certains des liens les plus importants qu’il entretient avec sa Sicile.

indagine

« Entendons-nous bien, s’il y avait vraiment une Sicile qu’il aimait regarder, c’était bien cette Sicile faite de terres arides, brûlées et marron, où un peu de vert testard se retrouvait comme tiré au canon, où les dés blancs des bicoques en haut des collines semblaient devoir glisser en bas à un coup plus fort de vent, où, à la contre-heure, même les lézards et les serpents, il leur manquait l’envie de se glisser dans un buisson de sorgho ou de se cacher sous une pierre, résignés, inertes, à leur destin, quel qu’il fût. Et surtout, il aimait contempler les lits de ce qui autrefois était fleuves et torrents, c’est du moins ainsi que s’obstinaient à les appeler les cartes routières, Ipsas, Salsetto, Kokalos, alors que ce n’était plus maintenant qu’une file de pierres blanches de chaux, de plates caillasses poussiéreuses. Contempler le paysage lui plaisait, certes : mais vivre dedans, y vivre jour après jour, c’était un truc à devenir dingue. Parce que lui, il était homme de mer. »

La troisième, « Retour aux origines », tout en nous informant comme souvent sur certaines passions culinaires du commissaire, nous parle aussi de certaines de ses lectures préférées, et de la manière dont sa misanthropie naturelle trouve à résister aux assauts des foules touristiques, et nous rappelle que la mafia, si elle évolue, ne change pas, et dispose toujours et encore de ses ramifications dans l’appareil politique corrompu d’une trop grande partie du pays.

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giovane

À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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