☀︎
Notes de lecture 2011

Note de lecture : « Murambi, le livre des ossements » (Boubacar Boris Diop)

Une grande voix africaine pour aider à la compréhension de l’horreur.

murambi 1

Quatre ans après le génocide rwandais, et alors que seuls ou presque des Occidentaux s’étaient penchés sur cette horreur, plusieurs écrivains africains organisèrent une résidence collective pour travailler sur une parole à ce propos. Le Sénégalais Boubacar Boris Diop, auteur notamment du grand « Les tambours de la mémoire » (1991), publiait en 2000 son travail issu de ce rassemblement : « Murambi, le livre des ossements ».

Récit du retour d’un Rwandais exilé à Djibouti, découvrant, après le génocide, que son père fut l’un des pires bourreaux hutus – responsable notamment du massacre (authentique) de l’École Technique de Murambi, où plusieurs dizaines de milliers de Tutsi furent rassemblés pour être exterminés, et où se trouve aujourd’hui le principal mémorial du génocide.

Roman terrible, qui pose au fond les mêmes questions que Jean Hatzfeld dans sa trilogie rwandaise, sous un angle différent, avec une rage beaucoup plus forte, même si elle y est romanesque, et non journalistique – mais reposant néanmoins sur de nombreux témoignages recueillis sur place en 1998.

mémorial

La postface, entièrement écrite à l’occasion de la réédition de 2011, est précieuse : « Parti au Rwanda « par devoir de mémoire », je n’ai voulu abandonner personne sur le bord de la route. J’avais découvert, chemin faisant, ceci qui m’a paru fondamental : si un génocide aussi spectaculaire que celui des Tutsi du Rwanda implique des masses hurlantes d’hommes et de femmes pris au piège d’une panique collective sans nom, chacun n’entend, dans ce formidable chambardement, que les battements de son cœur, dans une soudaine et affreuse proximité avec sa propre mort. Il fallait aussi dire cette solitude des êtres livrés à eux-mêmes, parfois bien plus effroyable, à y regarder de plus près, que la sanglante pagaille alentour. Si j’ai en définitive choisi l’histoire que l’on vient de lire, c’est parce que je dois une autre leçon, tout aussi essentielle, au Rwanda : le crime de génocide est commis par les pères mais il est expié par les fils… »

D’une très grande voix africaine, un récit essentiel dans la quête d’une compréhension de l’horreur.

Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici. Photo du mémorial de Murambi : Jean-Marc Allet.

boubacar-boris-diop

À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

Discussion

Rétroliens/Pings

  1. Pingback: Murambi, le livre des ossements (Boubacar Boris Diop, 2000) | Eustache Raconte - 3 novembre 2015

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :