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Notes de lecture 2014

Note de lecture : « Mood Indigo » (Mamadou Mahmoud N’Dongo)

Dix-neuf improvisations amoureuses, théâtrales, littéraires, sanglantes ou tendres, comme autant de facettes étonnantes de l’art du conteur.

mood indigo

Publiées en 2011 aux Continents noirs de Gallimard, ces « improvisations amoureuses » de Mamadou Mahmoud N’Dongo permettent de partager, en dix-neuf nouvelles, le foisonnement éclectique de l’inspiration de l’auteur, à la manière en effet d’une réinterprétation de ce grand standard du jazz composé par Duke Ellington en 1930.

Un foisonnement qui juxtapose, assemble, entrechoque aussi bien des bribes d’enfance imaginaire, des moments-clé de vies de couple, des méditations soudaines sur des amours enfuies, de douces ironies de professeurs ou d’artistes, un grand cinéaste passionnant et purement fictionnel, auprès duquel rôde « Le roi des Aulnes » de Goethe, les pièges amicaux et amoureux d’un week-end à la campagne, l’ombre d’une guerre civile et de massacres, des obsessions frontalières, la danse nuptiale d’une mante religieuse, une femme venue ramener les cendres familiales à Berlin, une énigmatique enquête policière schématisée en neuf points saillants, une fillette morte, un figurant de cinéma, un imposteur théoricien stratégique et militaire, un ventriloque mondialement célèbre et des marionnettes au sens caché, un coiffeur qui en cache un autre, et enfin, un extraordinaire piéton métempsycotique.

Un parcours qui associe élans de drôlerie, moments de tendresse, étonnements stupéfaits et ruses de l’intelligence, pour un beau moment de rêverie au son du jazz.

le-roi-des-aulnes

« Le square donnait sur une gare où les grands avaient le droit de jouer. Ma sœur et moi devions rester au bac à sable, gardés par un cénacle de sphinges. À cette époque fort lointaine de ma vie, je n’étais animé que d’un seul désir : prendre le train. Pour ce faire, il m’aurait fallu traverser la rue, et m’enquérir d’un guichet. J’échafaudais des plans d’une grande ingéniosité qui étaient aussitôt frappés de caducité. La réalité avait le don de m’exaspérer. Immergé sous mes draps ou mes paupières, je déployais mes frontières. » (« Square »)

« Lui : Ce que je veux dire, c’est qu’on nous tue, ce que je veux dire, ce que je veux faire entendre, c’est qu’il ne s’agit pas de guerre, que c’est, que ce n’est pas une histoire de Noirs et d’Arabes, de musulmans et d’animistes. Ce qui se passe là-bas n’a pas le nom de guerre. Il est question de vols, de vol généralisé à l’échelle d’un pays, d’une nation. Je l’ai lu dans les livres d’histoire, on nomme cela spoliation. Ce que je veux dire, ce que je veux faire entendre : il s’agit d’un fort qui a les armes et le nombre qui vole un faible en nombre et en armes. C’est ce qui se passe là-bas. » (« À 360° du Soudan »)

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À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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