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Notes de lecture 2011

Note de lecture : « La nuit ne dure pas » (Olivier Martinelli)

Une plongée dans le chaudron de ce qui alimente le rock indé d’aujourd’hui.

la nuit ne dure pas

Olivier Martinelli a réussi un très joli pari avec ce « La nuit ne dure pas » qui vient de paraître aux belles éditions Treizième Note en ce mois de septembre 2011. Récit « fictif » de la genèse du jeune et talentueux groupe de rock Kid Bombardos, bien réel, lui, ce roman constitue un hommage puissant au rock indie comme la France en avait jusqu’ici produit beaucoup trop peu…

Le roman rock chez nous (en dehors du champ SF où il y eut de belles réussites – « Le temps du twist » de Joël Houssin, ou « Furia! » de Jean-Marc Ligny) produit trop souvent du constat fatigué, désabusé, nihiliste, de rockers se retournant, plus ou moins désespérés, sur leur jeunesse enfuie.

Rien de cela ici : roman à trois voix « écrit » par les trois frères (en « réalité » par leur oncle), bassiste, batteur et chanteur-guitariste, il vibre de réel, de passion, de lucidité tordue et d’énergie qui déplace les montagnes, même dans les vies chahutées et difficiles à construire des 15-25 ans d’aujourd’hui… Les seuls équivalents qui viennent à l’esprit, pour cette redoutable fraîcheur, sont le meilleur Marc Spitz (celui de « How Soon Is Never » et de « Too Much, Too Late », non traduits en français à ce jour) ou le Douglas Cowie de « Owen Noone & Marauder ».

marc spitz + Too much too late

« Q : Justement, à Paris vous n’avez pas accepté de jouer au Gibus. Pourquoi ce refus ?
R : On n’est pas dans le même trip que les groupes qui y passent. On n’est pas des bébés rockeurs, ça n’a rien à voir. On a peut-être des têtes de bébés rockeurs, mais franchement la musique n’a absolument rien à voir. Il y a des groupes qui se servent de la musique et d’autres qui servent la musique. On espère se situer dans la deuxième catégorie. »

Nul doute qu’Olivier Martinelli sert ici la littérature. Convoquant adroitement les mânes de John Fante surtout, de Bukowski aussi et de Kerouac (incidemment), une autre prouesse mérite d’être mentionnée, celle de combler l’espace, de mêler la passion, fût-ce au sein d’une grande cellule familiale, entre la culture des 35-45 ans et celle des 15-25 ans, événement trop rare, qui fait clairement de ce roman, et vraisemblablement de son auteur, de grands témoins de ce que peut être un « passeur »…

how soon is never

Ajout : avec le mois de septembre 2013, depuis lors, on doit signaler la fort belle réussite d’un roman qui s’attache aussi à ce qui engendre et nourrit l’art, la musique, le rock, dans une perspective davantage « avant-garde arty » : le très beau « Riviera » de Mathilde Janin.

Pour acheter « La nuit ne dure pas » chez Charybde, c’est ici. Pour « Owen Noone & Marauder », c’est . Pour « Riviera », ce sera là-bas.

On ajoutera à tout cela, nostalgie, le souvenir d’une bien belle soirée à la librairie Charybde, avec Olivier Martinelli, en compagnie de Karine Médrano et de son beau recueil « Attendre avant de crever », que l’on peut aussi acheter ici.

À propos de charybde2

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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