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Notes de lecture 2012

Note de lecture : « Géométrie variable » (Olivier Bordaçarre)

Rage et souvenirs mêlés d’un trentenaire fonçant, route de nuit, à la rencontre du père qui l’a abandonné.

géométrie variable

Publié en 2006 chez Fayard, le court premier roman d’Olivier Bordaçarre peut se lire d’une traite comme une redoutable imprécation, celle lancée par le narrateur à la face du monde et du père qui l’a abandonné (alors qu’il était tout jeune), hurlée intérieurement alors qu’il fonce à toute allure, de nuit, sur des routes sinueuses, vers Périgueux, pour un ultime affrontement libératoire, et pour enfin faire éclater le mensonge dans lequel il a été contraint de vivre.

Style déjà acéré, faculté de trouver facilement et naturellement les accents de la diatribe,… : une bonne part des heureux ingrédients de « La France tranquille » sont déjà présents, comme certains de « Dernier désir ». Avec en prime un regard tendre et rageur à la fois sur le théâtre amateur, et une magnifique réécriture sombre, à 200 km/h, de l’immense « Bateau ivre » de Rimbaud.

« Faut jamais rien dire. Pour le bien du petit ! Mes fesses ! Tous les adultes sur la même longueur d’onde, armés des mêmes intentions de névropathes : rendons nos enfants heureux, quitte à les bouffer vivants. Rien dire, surtout, planquer. Enfin, toi, paraît que tu voulais me dire, mais ma mère voulait pas. Bon, t’as pas dû insister des masses, hein ? Peut-être que vous n’aviez pas assez de maturité. Maintenant, pas de bol, t’es mûr, t’y peux rien. »

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« En même temps, je me demandais pourquoi j’étais là, dans un petit théâtre de zone. En plus, je savais que j’allais me taper « La Diva » de Yul Brynner, je vois pas pourquoi je prenais un air si réjoui. La timidité sûrement. Et puis j’aurais préféré l’autre bouquin d’Eugène, où il narre l’histoire du gars qui zigouille des gamines pendant les heures de maths. Moi aussi j’avais envie d’apprendre. Et de dire : « Bravo pour l’abandon… ». « 

Pour acheter le livre chez Charybde, c’est ici. Pour y ajouter « La France tranquille », c’est . Et il ne faudrait pas oublier l’excellent dernier-né, « Dernier désir », là-bas.

Photo : Olivier Bordaçarre dans « Exécuteur 14 » à la Touline d’Azay-sur-Cher en novembre 2013 (© La Nouvelle République)

Théâtre Touline Azay-sur-Cher

À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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