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Notes de lecture 2014, Nouveautés

Note de lecture : « Le désordre azerty » (Éric Chevillard)

Vingt-six mots décortiqués, reconstruits, rendus à leur véritable sens et à leur véritable absurdité, en suivant le clavier de l’ordinateur. L’intelligence et la joie.

azerty

Publié en janvier 2014 chez Minuit, ce nouveau texte d’Éric Chevillard (le 29ème, auquel il faut ajouter les six « Autofictifs » déjà parus) poursuit ce travail permanent de sa part, jouant avec tout ce que les mots peuvent contenir (à la manière de cette surréaliste mais pourtant si réelle noix, porte du rêve chez Jacques Douai) comme peu d’écrivains y parviennent aujourd’hui, oscillant toujours au bord du précipice de l’absurde pur, mais opérant à chaque fois son rétablissement sous nos applaudissements admiratifs et – le plus souvent – hilares.

Dans ce « Désordre azerty », c’est le clavier de l’ordinateur qui a tenu lieu d’abécédaire, permettant à l’auteur de jubiler à son tour sur les paradoxes que recèlent l’Aspe, l’Ennemi, le Quinquagénaire ou la Virgule, de porter l’excavatrice de la langue au cœur de l’Humour, de la Littérature, du Banc Beckett ou encore du Genre, et bien entendu de boxer en compagnie aussi bien de la Théorie que du Kangourou.

Un nouveau texte qui enchantera les adeptes dont je suis, bien entendu, mais dont la mosaïque déroutera peut-être celles et ceux qui aborderaient la magie de Chevillard par cette face éclatée.

« L’île est un château fort sans remparts ni créneaux, sans tours de guet, sans murailles – les douves suffisent. » « Je suivis les empreintes de pas découvertes sur le sable de mon île et pris ma place dans la file d’attente qui s’étirait devant la caravane du glacier. » On notera ce joli clin d’œil à la nouvelle de Gilles Marchand dans « Jusqu’ici tout va bien », le dernier recueil collectif des éditions Antidata.

« Il y a de la gutta-percha, de la gomme et du caoutchouc dans le kangourou, et c’est ce K qui les lui injecte par saccades. »

« Veuillez laisser en sortant ce lieu tel que vous auriez souhaité le trouver en arrivant, reçut pour consigne le Tintoret lorsqu’il pénétra pour la première fois dans la Scuola Grande di San Rocco à Venise, en 1564. Vingt-quatre ans plus tard, il était dehors. »

Ce qu’en dit Claro, notre cannibale préféré, c’est ici.

Ce que dit Pierre Jourde du livre précédent de Chevillard, « L’auteur et moi », lors de son passage en libraire invité chez Charybde en 2013, c’est là (de la 28ème à la 40ème minute), et sur son blog, c’est là-bas.

Ce que dit fort joliment du « Désordre azerty » ma collègue et amie Charybde 7, c’est encore .

Et enfin, pour acheter le livre chez Charybde, voici.

À propos de Hugues

Un lecteur, un libraire, entre autres.

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